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_____D e u x _ h e u r e s _ p l u s_ t a r d
_____En salle d'attente, toujours devant Madame-silicone
__________llllllllC é l i n ellllllll
_____On n'aurait jamais dû venir, je le savais ! Ma soeur a toujours des idées foireuses.
Manon : Hey ! Je t'ai entendu !
Céline : Pas grave.
Je ferme mon esprit. Et la liberté de penser alors ?
Je commençais à m'endormir quand ma soeur me réveilla :
- Ça y est, lève-toi, Monsieur Harpy...
- C'est Harper, Manon. Pas Harpy.
- C'est la même chose. Aller, lève-toi ! Lève-toi sinon...
- Sinon quoi ?
- Sinon je hurle dans ta tête !
Je fis un bond en avant et décollai de ma chaise.
- Ah, je préfère ça ! me dit ma soeur.
C'est moi l'aînée, c'est moi qui devrais donner les ordres normalement !
_____L'ascenseur était en panne. On a dû monter les six étages qui séparaient le bureau de Harpy, pardon Harper, et le hall, à pied. Je ne suis pas croyante, mais si ça avait été le cas, j'aurais juré que dieu avait une dent contre moi... Quand nous sommes enfin arrivées, j'ai cru que j'allais tomber dans les pommes. Devant moi, enfin devant nous, se trouvait l'homme le plus beau et le plus sexy que je n'avais jamais vu : 1m85 au moins, brun aux cheveux bouclés, les yeux verts, une carrure de rugbyman et des fesses... Ah ces fesses, mon dieu qu'elles sont belles ! Peut-être que dieu n'est pas si cruel que ça après tout...
Il m'adresse un sourire qui me sort de ma contemplation.
- Euh... Je... Je... Bonsoir !
Quoi ? je n'ai pas dit ça quand même ? Il est deux heures de l'après midi et moi je lui dis bonsoir ! Impossible ! Ces mots n'ont pas pu sortir de ma bouche !
- Bonjour, me dit-il avec un sourire aussi beau que ceux qui sont dans les pubs de dentifrice, moi c'est Will Harper.
Manon : Céline surtout reste zen, ce n'est qu'un homme. Sexy, certes, mais seulement un homme. Ton futur patron en plus !
La voix de ma soeur me fit sursauter. Elle m'énerve à toujours venir dans ma tête quand il ne faut pas !
_____Il s'est passé environ trois heures entre le moment où nous sommes entrées dans cette pièce, le moment le plus humiliant de toute ma vie d'ailleurs, et le moment où Will-le-magnifique m'annonça :
- Je suis très impressionné. J'aime beaucoup ce que vous faites.
Ma soeur se mit à sauter partout :
- Ça veut dire que Céline va devenir une star ?
- Une star, ça je ne peux pas vous dire, cela dépendra du public. Mais je vais vous mettre sous contrat et nous allons travailler ensemble, il m'adresse à nouveau son sourire colgate, et je vous promets d'essayer de faire de vous une star de la chanson.
Je m'imaginais déjà sur le tapis rouge, me rendant à une cérémonie musicale, aux bras de Will, quand tout à coup une femme entra : Madame-silicone-mini-jupe-et-compagnie. Merde !
- Tiens mon chéri c'est pour toi, ton café.
C'est là que je la remarque : l'alliance de Will. NOOOOOOOOOOON ! Mon monde s'écroule.
- Merci mon amour, lui dit-il en l'embrassant langoureusement.
Manon : Ah c'est con ! Désolée pour toi. D'un côté s'il est marié avec elle, c'est qu'il est abruti.
Céline : Et c'est censé me remonter le moral ?
Manon : Dans un sens, oui !
_____Je ne connaissais cet homme que depuis trois heures, et j'étais déjà jalouse. Je suis une psychopathe, c'est officiel. Mais comment ne pas l'être ? Cet homme est un dieu vivant.
J'en avais ras le bol de les voir se bécoter comme deux adolescents. Je décidai donc de me lever et de partir dignement. Mais c'est là que le drame se produisit.
Je m'étais à peine lever de la chaise sur laquelle j'étais assise, que je me pris le pied dans le fil d'une guitare électrique. Je suis tombée à la renverse, une jambe coincée sous la chaise, l'autre, en l'air. Et c'est là que je me suis rappelé, qu'aujourd'hui, j'avais mis une jupe...
Mon string, et mes fesses par la même occasion, était exposé aux yeux de Will. Il riait, ma soeur aussi, mais Madame-silicone me toisait du regard.
- C'est ça que tu veux engager ? Cette pauvre cruche ? À mon avis, c'est un mauvais investissement, elle tombera à chaque fois qu'elle devra se rendre quelque part et ta réputation sera ruinée chéri.
C'était trop.
- Quoi, t'as un problème ? C'est quoi qui te déranges ? Ce sont mes fesses peut- être ? Tu es sûrement énervée parce que je n'ai pas de cellulite dessus contrairement à toi, c'est ça ? Hein ? Et ben écoute, tu fais comme moi, au lieu de passer tes journées à faire chier les gens et à te faire les ongles, tu fais du sport et après, seulement après, tu auras un corps aussi beau que le mien !
Sauf que ce serait trop beau. Je n'ai pas osé dire ça, de peur de m'attirer le mépris de Will-le-magnifique. À la place, je me suis relevée et je suis partie, en disant simplement :
- À plus.
_____Une fois sorties, nous décidons de prendre un taxi pour rentrer. Ma jupe est déchirée et je ne compte pas m'humilier davantage dans les transports en commun.
- Déjà que j'avais pas beaucoup de chances de le séduire vu qu'il est marié, là j'en ai encore moins !
J'ai toujours le don (en plus de la télépathie) de voir le côté négatif des choses.
- Mais non dis pas ça ! Justement, depuis qu'il a vu ton magnifique petit derrière, tu en as encore plus ! Céline, des hommes tueraient pour voir tes fesses !
- Manon ?
- Quoi ?
- Ta gueule s'il te plait !
Une fois dans le taxi je repense à cette journée.
Et après mûre réflexion, avoir dit bonsoir à l'homme le plus sexy de la planète à deux heures de l'après-midi, n'est peut-être pas la chose la plus humiliante qui soit... une fois qu'il a vu votre string parce vous êtes une grosse cruche qui tombera à chaque fois qu'elle devra se rendre quelque part...
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